dimanche 5 avril 2020

Eleanor oliphant va très bien

Ça faisait un bon petit moment que celui-ci me faisait de l’œil. Notamment parce qu'on me l'avait conseillé à deux reprises. J'ai bien fait d'écouter ces deux petites voix qui n'avaient pas tari d'éloges à son sujet.

Eleanor Oliphant est une jeune trentenaire très singulière. 
Les conventions ? Très peu pour elle. Elle bouscule les codes sociaux, clame sa pensée haut et fort, et mène une vie relativement solitaire. 
Jusqu'au jour où elle flashe sur le musicien d'un groupe de rock. Bien décidée à le séduire, est-elle prête à changer de vie ?

Ce roman est une vraie pépite. Eleanor est ultra touchante. Sous ses airs de femme forte, elle va laisser entrevoir des zones d'ombre qui vont la faire vaciller à plusieurs reprises. Quitte à bouleverser toutes ses croyances. Très solitaire et repliée sur elle-même, s'ouvrir aux autres est un apprentissage délicat. Un roman qui parle de transformation, d'un chemin de la guérison qui peut se révéler épineux. Mais également d'amour. L'amour d'une famille - même de cœur. L'amour d'un partenaire qui te pousse à donner le meilleur de toi même.
Coup de cœur évident pour un roman brillant. Rares sont les livres où je finis les dernières pages en ayant un petit pincement, une mélancolie de quitter ces personnages auxquels je me suis vraiment attachée. La fin ouverte nous laisse d'ailleurs imaginer la suite. Je crois que j'ai très vite choisi ♥.

 

vendredi 27 mars 2020

Heroine Games

Review d'une courte série de mangas, puisqu'elle se compose de 3 tomes.


Les héroïnes de nos contes traditionnels sont plongées dans un jeu qui consiste à s'entretuer. Les règles sont claires : celle qui est désignée en début de partie doit sauver sa peau. Les autres doivent la retrouver et l'assassiner. 
Tous les coups sont permis pour gagner !


L'esthétique de cette série est dingue. Les héroïnes de nos contes préférés sont gothiques à souhait. Le petit chaperon rouge, qui a fusionné avec le loup, devient un personnage sans pitié. La petite sirène, rongée par la jalousie, se transforme en un terrible monstre marin. Blanche neige porte un masque à gaz. On est dans une revisite assez sympathique avec un univers bien dark qui ravira les amateurs du genre - j'en fais clairement partie. Même Poucette, sous ses airs gentillets, se révèle être l'une des plus cruelles.


L'histoire, quant à elle, manque parfois de clarté. Elle nous réserve malgré tout pas mal de surprises, ce qui m'a d'ailleurs soulagé à plusieurs reprises. De bons petits switchs et révélations en milieu et fin de saga auxquels je ne m'attendais pas du tout. C'est plutôt un très bon point. Malheureusement je finis la série avec beaucoup trop de questions, un brin frustrée.


Peut-être une série qui nécessite plusieurs lectures, et qu'on prenne le temps de disséquer chaque élément afin de trouver les réponses aux mystères qu'elle soulève. 
Un bon moment tout de même, ne serait-ce que pour les fantastiques illustrations.

mercredi 25 mars 2020

Sleeping Beauties

Au hasard des romans non lus dans ma bibliothèque, j'ai pioché celui qui est clairement de circonstance. Pourquoi ne pas commencer un bon petit livre d'horreur quand on est confiné chez soi ? Histoire de se mettre dans l'ambiance. J'aurais pu choisir la peste de Camus qui trône sur l'étagère du haut, mais déjà lu, disséqué durant de longues heures à la fac. Allez, je vous raconte un peu de quoi ça parle !

Une épidémie soudaine, la fièvre Aurora, provoque un sommeil intense et profond chez les femmes. Lorsque celles-ci s'endorment, un cocon les enveloppe. Gare à celui ou celle qui tenterait alors de les libérer ! 
Pourtant, dans cette apocalypse, une femme, Evie, débarque, assassine, et sème la zizanie à Dooling.
Que veut-elle exactement ?

Ce roman avait tout pour me plaire. Une histoire originale qui tient en haleine puisqu'on a envie de savoir pourquoi ces femmes ne se réveillent pas, qu'est-ce que c'est que cette mystérieuse fièvre et quel monde futur en découlera s'il ne reste plus que les hommes sur Terre. Malheureusement c'est long... extrêmement long... les pages se tournent sans faire avancer l'histoire. Ça stagne, et c'est d'un ennui parfois mortel - si ce n'est qu'on ne s'endort pas nous aussi en lisant ce roman. 

Au-delà de ça, il y a beaucoup trop de personnages. Difficile à suivre. A tel point que j'ai remarqué à la fin - oups, trop tard - un mémo sur quatre pages (!!!) pour resituer qui est qui dans tout ce bazar. Chaque personnage reste trop superficiel pour que je m'attache. La seule à sauver reste la mystérieuse Evie qui est relativement captivante. Les stéréotypes s'enchaînent, me hérissant le poil à certains moments. Evie qui lit mieux les pensées des hommes car elles sont "plus simples". Tout est trop binaire, et aurait gagné à être un peu plus nuancé. 

J'ai apprécié le fait que les femmes qui tentent désespérément de résister à leur envie de dormir sont parfois plus flippantes que celles endormies. Des zombies droguées, qui ingurgitent tout ce qui peut les faire tenir. Mais aussi les questions philosophiques un peu posées là comme ça. Une société faite uniquement de femmes serait-elle en paix ? Les hommes sont-ils les principaux responsables de la violence en général ?    

On peut clairement passer son chemin sur ce roman qui, dans la balance, ne l'emporte pas. C'est le cinquième roman de Stephen King que je lis, et c'est clairement le moins bon. Peut-être l'écriture à quatre mains qui n'a pas été une force cette fois-ci. Ça ne m'empêchera pas pour autant de continuer à lire cet auteur que j'aime profondément.   


dimanche 31 mars 2019

Toutes les histoires d'amour du monde

Pour la belle rencontre qui s'annonçait avec Baptiste Beaulieu, je me suis lancée dans son dernier roman, Toutes les histoires d'amour du monde. Et ce fut une excellente surprise. 

Moïse quitte notre monde en laissant derrière lui des carnets. Jean, son petit fils, se lance alors dans la lecture de ces derniers. Quelle n'est pas sa surprise lorsqu'il découvre que le récit est adressée à une autre femme que sa grand-mère, une certaine Anne-Lise Schmidt. Il lui clame un amour infini, qui révèle que Moïse avait des secrets. Que cachait-il réellement ?

Le roman nous dévoile à la fois les secrets de Moïse, mais aussi un pan de notre Histoire récente. Ses mots sont touchants, d'autant plus que ce sont de vrais écrits. On tremble avec lui dans ce milieu de XXème siècle impitoyable où les couples et les familles se déchirent. Qui est cette jeune femme à laquelle il écrit ? Le voile se lève peu à peu au fil des pages. Pour les sensibles comme moi, prévoyez quelques mouchoirs à portée de main. J'ai adoré découvrir en parallèle le ressenti de Jean et l'évolution de ses rapports avec son père. La même sensibilité coule dans leurs veines. Passé et présent s'entremêlent à merveille et donne du rythme. Dans un futur à venir, peut-être que le roman permettra à Baptiste de mener à bien ses recherches, et de mettre un visage sur ce nom tant chéri.


mercredi 20 février 2019

Reincarnation Blues

Nouvelle lecture fantastique cette semaine, avec cet l'ovni qu'est Reincarnation Blues. Oui, j'ai préféré choisir la couverture originale bien plus badass et qui représente bien mieux le contenu du roman - la couverture française est trop lisse et ne rend pas du tout hommage au contenu déjanté ! 

Milo a déjà vécu 9995 vies sur Terre. Entre chacune d'entre elles, il retrouve sa bien-aimée, Suzie, qui incarne la grande Faucheuse. Tous les deux vivent une idylle sans failles. Pourtant, une ombre vient doucement ternir le tableau. Milo doit absolument atteindre l'Âmultime avant sa 10 000ème vie, ou il sombrera définitivement dans le Chaos. Plus le droit à l'erreur, sa prochaine vie se doit d'être... parfaite !

Ce roman est certainement l'un des meilleurs que j'ai pu lire depuis longtemps. Une mission qui semble clairement impossible, et qui va entraîner Milo dans de folles aventures. Que ce soit dans un futur proche à bord d'une navette spatiale, ou sur une Terre en proie à un régime totalitaire. Un homme qui tente de faire de son mieux, mais qui reste aussi, quelque part... humain. Et c'est là le cœur du roman. Toutes ces nuances qui rendent l'homme si spécial, ses ambiguïtés. Reincarnation Blues peut vite prendre des allures de fable philosophique, ce qui n'est pas pour me déplaire. C'est fait avec grande intelligence. Bon et en plus de tout ça, c'est un roman très drôle. Faut être un brin sensible à l'humour noir par contre. Que ce soit le récit de différentes vies incarnées par Milo - sa vie de tortue au fond du lac, ou l'ironie des diverses situations auxquelles il va se confronter. Mais par dessus tout, la relation qu'il entretient avec Suzie est tellement belle. J'ai eu peur pour eux. J'ai voulu le meilleur pour eux. J'étais à leur côté jusqu'au bout. Un sourire collé aux lèvres, je relirais ce roman avec plaisir.

dimanche 25 novembre 2018

La petite fille du phare

C'est avec un grand plaisir que j'ai reçu ce roman à la couverture juste sublime ♥ . Je remercie les éditions l'Archipel de m'avoir contactée et donné la possibilité de le lire. 

Morgane et Elouan se retrouvent lors d'une soirée en amoureux. Ils ont confié la surveillance de Gaela, la nouvelle arrivée dans la famille, à son ado de grand frère. Alors que ce dernier dormait tranquillement, le bébé se volatise... Aucune effraction, rien. L'enquête tourne vite en rond, car les secrets restent encore bien cachés. Morgane est-elle étrangère à ce kidnapping ? L'affaire prend une tout autre tournure quelques mois plus tard lorsque l'enfant réapparaît....

Un roman qui commence tout en douceur, avec une tension qui monte crescendo. Une famille parfaite en apparence, qui nous dévoile des zones de plus en plus sombres. Un peu comme un ascenseur que l'on prendrait pour descendre vers les enfers. J'avoue que l'intrigue m'a tout de suite captivée, car l'affaire semble insolvable. Peu de pistes, mise à part peut être les parents. C'est le genre d'histoires qui me tient clairement en haleine.  Je me demande toujours comment l'auteur va rebondir - et s'en sortir !

Même si j'ai tourné les pages assez facilement, curieuse de connaître le fin mot de l'histoire, j'ai eu du mal à accrocher au style de l'auteur. La psychologie des personnages n'est pas assez développée, et c'est quelque chose qui m'a beaucoup manqué. J'ai n'ai pas réussi à m'attacher aux protagonistes, mais aussi à comprendre leurs réactions. Les dialogues manquent parfois de consistance, rendant les échanges fades. L'intrigue est intéressante en soi, amenant beaucoup de rebondissements. Je reconnais que l'auteur a été très créatif sur ce coup-là ! Malheureusement au détriment de la construction des personnages qui ne sont que peu réalistes. 

Le cadre dans lequel on évolue en tant que lecteur est par contre très agréable. Une Bretagne sauvage, le côte de granit rose de Ploumanach (- bring me back there please), les plages désertes et l'océan à l'horizon. Un endroit que Christophe Ferré semble bien connaître, ce qui nous permet une immersion parfaite. 

Un voyage duquel je ressors donc mitigée, mais qui aura eu le bénéfice de me replonger dans des vacances d'été inoubliables.






jeudi 4 octobre 2018

Horrora Borealis

En plein cœur d'un festival de musique, des coups de feu retentissent. Une bataille éclate entre Walker et un homme qui l'a pris en chasse depuis le début de la soirée. Que lui veut-il ? Alors que l'on assiste à la scène, un nouveau chapitre s'ouvre sur un flashback. C'est la famille Walker, en route pour un petit séjour en Laponie. Tout semble se dérouler parfaitement. Pourtant, la mère fait un terrible cauchemar où tout finit dans un bain de sang... Rêve ou prémonition ?

Ce roman, c'est comme une grosse claque que tu ne sentirais pas arriver. Il commence assez doucement, le temps que tout se mette en place. Les flashbacks d'un côté, une scène d'action de l'autre. Quel lien entre les deux ? Le fait de jongler entre les deux temporalités m'a complètement captivé. Puis ça monte en tension et en horreur - oui, le roman porte bien son nom. Jusqu'au dénouement ultra brutal. Une construction impeccable, avec du suspens disséminé aux bons endroits. Une ambiance très bien dépeinte, où ce qui est tellement merveilleux devient le théâtre des pires atrocités. Un pari réussi pour ce roman qui se lit d'une traite. Âmes sensibles s'abstenir. Pour les autres, c'est un vrai régal.