vendredi 11 mai 2018

Soeurs

Le titre de ce roman est la première chose qui m'a interpelé, ayant une petite sœur dont je suis proche. Bon, il s'agit ici de leur double assassinat - ahum. Malgré tout, et toujours dans l'idée de découvrir les auteurs policiers incontournables, j'entrais dans cette "immense, énorme" forêt que l'on aperçoit sur la couverture...

La scène d'ouverture nous présente Alice et Ambre, deux sœurs qui se ressemblent énormément, jusque dans leurs goûts puisqu'elles sont toutes les deux ultra fans de l'auteur Erik Lang. Celui-ci leur a d'ailleurs donné un rendez-vous très spécial en plein cœur de la nuit dans une forêt déserte et relativement effrayante. A l'adolescence, on aime se faire peur, et elles ne sont en rien dérangées par cette soirée digne d'un film d'horreur.
Quelques années s'écoulent, elles sont devenues étudiantes. Une nouvelle fois, on les retrouve dans cette forêt, mais cette fois-ci assassinées... Comme si cela ne suffisait pas, la mise en scène est glaçante et semble reprendre le passage central d'un des livres d'Erik Lang.
Comme une évidence, l'auteur se retrouve mêlé à l'affaire. Le coupable idéal ?

La force de ce roman, c'est définitivement le dynamisme apporté par les bonds dans le temps. Trois années différentes où l'on voit évoluer les personnages - et notamment Martin Servaz qui n'est alors qu'un jeunot au début de l'enquête. Ces trois phases brouillent clairement les pistes au premier abord, et j'ai adoré être déroutée. Une enquête que l'on croyait bouclée, mais qui finalement ne l'était pas. L'auteur m'en a fait voir avec ces retournements de situation qui faussaient tous les scénarios que j'avais en tête - grrrr. Jusqu'au dernier moment, je ne voyais pas du tout où j'allais. J'ai été véritablement bluffée par la résolution de l'histoire. Aucun regret d'avoir ouvert ce roman, c'est une vraie bombe.
N'ayant pas lu les précédents tomes, j'avais peur d'être perdue dans l'histoire personnelle de Servaz. Tout est bien repris. Pour ceux qui sont dans mon cas, vous pouvez vous lancer sans problèmes. Par contre il faut être prévenu, après avoir terminé celui-ci, on a envie de tous les lire depuis le début...!


La vérité sur l'affaire Harry Quebert

Depuis le temps qu'on me le conseille ce roman, il aura fallu qu'une de mes collègues me le prête et insiste pour que je me lance dans la quête de cette vérité. Est-ce que je savais que ce roman allait devenir un énorme coup de cœur ? Toutes mes espérances étaient bien en-dessous de la réalité.

Marcus, écrivain à succès, fait face a un problème de taille, celui de la page blanche. Alors que sa maison d'édition lui demande la livraison express de son nouveau roman, il est incapable d'écrire une ligne. Marcus décide d'aller puiser à la source, et de retourner voir son mentor, Harry Quebert. Ce dernier est son ancien professeur de littérature, celui qui lui a donné le goût d'écrire et qui l'a guidé lors de ses premiers pas. 
Alors que Marcus et Harry sont de nouveau réunis, le scandale éclate. Nolla Kellergan, disparue en 1965 est retrouvée. Ou plus exactement, c'est son corps enterré sur la propriété d'Harry Quebert qui est retrouvé. Ce dernier est effondré par la nouvelle, surtout lorsqu'il avoue avoir entretenu une liaison secrète avec elle... 
Marcus, convaincu de son innocence, fera alors tout pour disculper son maître à penser. 
Est-il certain de défendre un innocent ? Que va-t'il découvrir de glauque sur les habitants du village à travers cette enquête ?

Je crois que la scène de rencontre entre Marcus et Harry Quebert dans l'amphithéâtre restera gravée. Un moment suspendu dans le temps ou j'ai ri. Je l'ai lue plusieurs fois et à haute voix pour mon compagnon présent à mes côtés. L'envie de partager mon enthousiasme. Le style de Joël Dicker est percutant. Ses mots sont choisis avec finesse, et les scènes dépeintes procurent de suite l'émotion escomptée. Toute la palette est présente. Du frisson lors de certains flashbacks avec Nola, de la mélancolie avec ce Harry brisé par la vie, du rire aussi. Les nombreux rebondissements dans l'affaire maintiennent un suspens permanent, on tourne les pages avec frénésie. Même lorsqu'on envisage divers scénarios, ces derniers tombent à l'eau. Quoi de mieux dans un roman que de se tromper ?
Le bonheur de découvrir un auteur que je ne manquerai pas de suivre.

Hâte de regarder la série dirigée par Jean-Jacques Annaud qui devrait sortir à l'automne prochain !

 

vendredi 13 avril 2018

La Fille d'Avant

Roman découvert grâce à sa sortie en poche il y a quelques semaines, le pitch était plutôt attrayant. En lisant la quatrième de couverture, j'étais loin de m'imaginer que ce livre allait être totalement addictif

Deux portraits croisés. L'une au présent, Jane. L'autre au passé, Emma. Ces deux femmes ont toutes deux vécu dans la même maison d'architecte. Pour vivre dans celle-ci, il faut passer des tests et respecter une très longue liste de règles à la lettre. Alors que Jane vient tout juste d'emménager, elle découvre qu'Emma a été victime d'un accident mortel dans les escaliers de cette maison qui semble regorger de mystères et de choses inexpliquées... Jane est-elle également en danger ?

Ce roman a le mérite de tenir en haleine du début à la fin. Il est impossible à lâcher. L'alternance entre le récit d'Emma et celui de Jane, leurs similitudes mises côte à côté, est un ingrédient à cette recette addictive. JP Delaney entretient le mystère sur tout. Que ce soit la maison elle-même qui, malgré son aspect aseptisé, "tue". Ou encore l'architecte psychorigide et manipulateur au passé trouble. 

Ce dernier a une emprise très forte sur les deux narratrices qu'il tente de façonner selon sa vision de la perfection . Le parallèle entre les deux est assez original, puisqu'il applique les mêmes règles pour ses maisons. Est-il destructeur ou moteur ? Au-delà de l'intrigue policière, le récit pose comme ça de nombreuses questions, et semble faire un brin de philosophie

Même si ce n'est pas vraiment le propos, ni le cœur du roman, j'ai aimé le croisement des deux. Je suis toujours sensible à un récit qui m'amène à m'interroger. Lecture agréable, malgré des héroïnes parfois mises à mal et que j'aurais aimé plus combattives. Malgré tout, on embarque avec un certain plaisir coupable dans cette intrigue malsaine, et il semble difficile de s'arrêter avant la fin !

dimanche 4 mars 2018

Dans l'ombre

La première fois que j'ai découvert Indridason, c'était au travers de son roman La Rivière noire, qui m'avait, disons-le, franchement déçu. Lorsque je peux anticiper la fin d'un polar, je ferme toujours le livre triste - oui, j'aime être embrouillée jusqu'au bout. Ne voulant pas rester sur une mauvaise impression, j'ai choisi d'entamer le premier tome de sa Trilogie de l'ombre. Et je ne l'ai pas regretté.

Islande, 1941. En pleine seconde guerre mondiale, les soldats américains ont élu domicile sur l'île. De cette nouvelle cohabitation naissent des relations. Pour le meilleur, comme pour le pire. Un représentant commercial est retrouvé mort chez lui, d'une balle US dans la tête. Sur son front, une croix gammée a également été gravée. Flovent, enquêteur de la police criminelle islandaise, va s'associer à Thorson, né au Canada et bilingue. Les pistes semblent nombreuses quand on sait que sa femme entretenait également une relation avec un soldat...

Indridason joue sur la multitude des possibles. Il brouille les pistes avec habileté puisqu'on ne sait jamais sur quel pied danser. Histoire de cœur ? Meurtre politique ? Les meurtriers potentiels s'enchaînent, et nous font tomber dans le panneau à chaque fois. L'enquête est bien menée par ces deux policiers, dont un ex-stagiaire qui tente tant bien que mal de faire sa place. Seul petit bémol, le nombre de fois où certains sont interrogés avant de lâcher des infos importantes - dur de leur faire cracher le morceau et un poil rageant pour le lecteur impuissant. Mais ça montre à quel point on se prend au jeu dans cette histoire. 

L'histoire reste assez classique, mais dans le bons sens du terme. Elle permet de s'imprégner d'une époque historique qu'on connaît surtout du point de vue français. On perçoit la seconde guerre mondiale sous un autre angle. L'ombre du nazisme plane également sur cette île qui paraît pourtant éloignée du conflit principal. Tout un pan se dévoile à nous, notamment ces femmes "dans la situation" qui fréquentaient des soldats américains. Je ressors de cette lecture en ayant lu un bon polar, mais également enrichie d'éléments historiques que je ne soupçonnais pas auparavant.

Tuez-les tous... mais pas ici

Ancien commandant de police, Pierre Pouchairet poursuit sa lutte contre le crime... à travers l'écriture ! Prix Quai des Orfèvres pour Mortels Trafics, son nouveau roman Tuez-les tous...mais pas ici est paru en janvier dernier.

Julie Loubriac, 17 ans, a disparu. Louis et son ex-femme Martine vont alors unir leurs forces pour la retrouver. En tant qu'ancien flic, Louis a gardé quelques contacts qui lui permettent d'explorer une piste. Par amour, Julie aurait-elle suivi son petit ami sur les chemins qui mènent en Syrie ? Alors qu'une autre jeune fille embarque à l'aéroport pour la même destination, Louis va la suivre, et tenter de découvrir ce qui est arrivé à Julie.

Thématique clairement ancrée dans l'actualité, et traitée par quelqu'un du terrain. A travers les lignes de ce roman, on sent le vécu, ce qui donne une vraie légitimité au récit. Ayant déjà passé quelques jours à Istanbul, j'ai apprécié de voyager à nouveau dans cette ville cosmopolite. L'auteur connaît le milieu sur le bout des doigts, et c'est vraiment appréciable d'avoir l'impression d'être dans le réel, le vrai. A contrario, on l'est parfois un peu trop, et le style très direct m'a parfois laissé de marbre. Sans tomber dans des descriptions élaborées qui ne se prêtent peut-être pas très bien au polar, j'aurais aimé que les personnages m'apparaissent sans qu'on ne les compare à tel acteur ou tel personnage politique. C'est le genre de petite maladresse d'écriture qui me bloque.

Au-delà du style qui ne m'a convaincu qu'à moitié, le roman présente un réel déséquilibre. C'est un pavé - on parle quand même de presque 500 pages - qu'on peut scinder en plusieurs parties. La première partie présente bien trop de longueurs. Je me suis accrochée, mais comme un sitcom moyen dont on a quand même envie de connaître la fin. Me persuadant de laisser une chance à ce roman. Mais des fois, t'as beau insisté, ça colle pas. La révélation finale reste tout de même intéressante, et c'est une hypothèse que je n'avais pas envisagé. 

Un roman que je termine mitigée. Pas si catastrophique, mais qui ne m'a pas vraiment emballé. Cela dit, il mériterait d'être retravaillé car la théorie centrale est très bien trouvée !

vendredi 16 février 2018

Le Fils

Un auteur norvégien pour continuer sur ma lancée des auteurs nordiques ! Cette semaine, j'ai lu le dernier roman de Jo Nesbo paru en poche chez folio. J'aime toujours faire mes recherches en amont sur les auteurs que je découvre, et alors lui, c'est un poulpe créatif. Journaliste économique de métier, c'est un super musicien (je vous link la vidéo de la chanson sur laquelle j'écris). Il se tournera vers le polar plus tard. Et il a bien fait.

Sonny Lofthus est en prison depuis des années déjà. En échange de sa dose d'héroïne, il accepte de porter le chapeau de divers crimes et délits. Adolescence très difficile, son père était un flic corrompu qui s'est donné la mort, ce qu'il a très mal vécu. Tout va alors changer le jour où il apprend la vérité. Bien déterminé à venger son père, "le fils" comme on le surnomme désormais, est dehors et prêt à tout pour que justice soit faite !

L'histoire d'un justicier pas masqué - mais encagoulé, qui va trouver la foi intérieure pour vaincre son addiction à l'héroïne et faire payer ceux qui le méritent. J'avoue avoir un goût prononcé pour ces histoires de vengeance, donc ça l'a tout de suite fait ! On s'attache clairement au personnage de Sonny, dont l'enfance a été détruite par le mensonge. Même si le chemin qu'il emprunte reste obscur, il est clairsemé de belles rencontres - notamment une féminine, ce qui m'a beaucoup plu. L'intrigue policière est très bien ficelée puisqu'on a des révélations jusqu'au bout du roman - toi aussi tu ne la verras pas venir crois moi. Jo Nesbo a ce don de faire de tous petits chapitres, ce qui donne du rythme et les pages se tournent rapidement. A mes yeux, c'est un sans faute. Coup de cœur assuré.

vendredi 9 février 2018

La princesse des glaces

Avec la sortie du dixième tome il y a quelques mois, il fallait que je me lance dans le premier tome de cette série de romans qui me faisait de l’œil depuis des années. Fan absolue de Stieg Larsson, j'avoue avoir un penchant pour ces décors suédois et cette atmosphère propre aux pays nordiques. 

Alexandra Wijkner est retrouvée dans sa baignoire, son corps glacé et les veines de ses poignets ouvertes. Pourquoi cette jeune fille qui avait tout pour elle se serait-elle donné la mort ? 
Erica Falck, autrice de biographies, l'a côtoyé dans son enfance, et s'inspire d'elle pour écrire son nouveau livre. Elle va alors mener une enquête malgré elle, et découvrir que la vérité est bien plus complexe que ce qu'elle avait imaginé...

Un pitch qui pourrait paraître très classique au premier abord. Un suicide qui ne semble pas en être un. L'intérêt de ce roman est au-delà de la trame, bien qu'elle réserve de nombreuses surprises jusque dans les cinq dernières pages - la cerise sur le gâteau. Personnellement, j'adore quand un auteur garde en réserve quelques détails, même après l'élucidation du meurtre. Rien n'est obligatoire, mais c'est le genre de fin qui me scotche et qui me déclenche le coup de cœur immédiatement. Camilla Läckberg est douée pour entretenir la flamme du suspens. 

J'ai adoré suivre les péripéties d'Erica, qui se retrouve à enquêter, et à venir en aide à la police, alors qu'à la base rien ne la destinait à jouer ce rôle. Perspicace, courageuse car elle n’hésite pas à mettre sa vie en danger parfois pour venir à bout des mystères de la mort d'Alexandra. L'écriture de Camilla rend ses personnages proches de nous. Bon, ça n'arrive certes pas à tout le monde d'être mêlé à des affaires judiciaires de ce type, mais elle s'en sort très bien. L'histoire d'amour qui s'installe avec le policier est dépeinte tout en simplicité et paraît très naturelle. J'adhère totalement à l'environnement dans lequel on évolue, et les personnages au côté desquels on avance dans l'histoire. Leurs actions et réactions sont toujours justes, on est jamais à côté de la plaque, et j'admire la finesse de cette écriture

Un premier tome qui m'a clairement donné envie de poursuivre la série, et pourquoi pas de découvrir la bande dessinée !