dimanche 31 mars 2019

Toutes les histoires d'amour du monde

Pour la belle rencontre qui s'annonçait avec Baptiste Beaulieu, je me suis lancée dans son dernier roman, Toutes les histoires d'amour du monde. Et ce fut une excellente surprise. 

Moïse quitte notre monde en laissant derrière lui des carnets. Jean, son petit fils, se lance alors dans la lecture de ces derniers. Quelle n'est pas sa surprise lorsqu'il découvre que le récit est adressée à une autre femme que sa grand-mère, une certaine Anne-Lise Schmidt. Il lui clame un amour infini, qui révèle que Moïse avait des secrets. Que cachait-il réellement ?

Le roman nous dévoile à la fois les secrets de Moïse, mais aussi un pan de notre Histoire récente. Ses mots sont touchants, d'autant plus que ce sont de vrais écrits. On tremble avec lui dans ce milieu de XXème siècle impitoyable où les couples et les familles se déchirent. Qui est cette jeune femme à laquelle il écrit ? Le voile se lève peu à peu au fil des pages. Pour les sensibles comme moi, prévoyez quelques mouchoirs à portée de main. J'ai adoré découvrir en parallèle le ressenti de Jean et l'évolution de ses rapports avec son père. La même sensibilité coule dans leurs veines. Passé et présent s'entremêlent à merveille et donne du rythme. Dans un futur à venir, peut-être que le roman permettra à Baptiste de mener à bien ses recherches, et de mettre un visage sur ce nom tant chéri.


mercredi 20 février 2019

Reincarnation Blues

Nouvelle lecture fantastique cette semaine, avec cet l'ovni qu'est Reincarnation Blues. Oui, j'ai préféré choisir la couverture originale bien plus badass et qui représente bien mieux le contenu du roman - la couverture française est trop lisse et ne rend pas du tout hommage au contenu déjanté ! 

Milo a déjà vécu 9995 vies sur Terre. Entre chacune d'entre elles, il retrouve sa bien-aimée, Suzie, qui incarne la grande Faucheuse. Tous les deux vivent une idylle sans failles. Pourtant, une ombre vient doucement ternir le tableau. Milo doit absolument atteindre l'Âmultime avant sa 10 000ème vie, ou il sombrera définitivement dans le Chaos. Plus le droit à l'erreur, sa prochaine vie se doit d'être... parfaite !

Ce roman est certainement l'un des meilleurs que j'ai pu lire depuis longtemps. Une mission qui semble clairement impossible, et qui va entraîner Milo dans de folles aventures. Que ce soit dans un futur proche à bord d'une navette spatiale, ou sur une Terre en proie à un régime totalitaire. Un homme qui tente de faire de son mieux, mais qui reste aussi, quelque part... humain. Et c'est là le cœur du roman. Toutes ces nuances qui rendent l'homme si spécial, ses ambiguïtés. Reincarnation Blues peut vite prendre des allures de fable philosophique, ce qui n'est pas pour me déplaire. C'est fait avec grande intelligence. Bon et en plus de tout ça, c'est un roman très drôle. Faut être un brin sensible à l'humour noir par contre. Que ce soit le récit de différentes vies incarnées par Milo - sa vie de tortue au fond du lac, ou l'ironie des diverses situations auxquelles il va se confronter. Mais par dessus tout, la relation qu'il entretient avec Suzie est tellement belle. J'ai eu peur pour eux. J'ai voulu le meilleur pour eux. J'étais à leur côté jusqu'au bout. Un sourire collé aux lèvres, je relirais ce roman avec plaisir.

dimanche 25 novembre 2018

La petite fille du phare

C'est avec un grand plaisir que j'ai reçu ce roman à la couverture juste sublime ♥ . Je remercie les éditions l'Archipel de m'avoir contactée et donné la possibilité de le lire. 

Morgane et Elouan se retrouvent lors d'une soirée en amoureux. Ils ont confié la surveillance de Gaela, la nouvelle arrivée dans la famille, à son ado de grand frère. Alors que ce dernier dormait tranquillement, le bébé se volatise... Aucune effraction, rien. L'enquête tourne vite en rond, car les secrets restent encore bien cachés. Morgane est-elle étrangère à ce kidnapping ? L'affaire prend une tout autre tournure quelques mois plus tard lorsque l'enfant réapparaît....

Un roman qui commence tout en douceur, avec une tension qui monte crescendo. Une famille parfaite en apparence, qui nous dévoile des zones de plus en plus sombres. Un peu comme un ascenseur que l'on prendrait pour descendre vers les enfers. J'avoue que l'intrigue m'a tout de suite captivée, car l'affaire semble insolvable. Peu de pistes, mise à part peut être les parents. C'est le genre d'histoires qui me tient clairement en haleine.  Je me demande toujours comment l'auteur va rebondir - et s'en sortir !

Même si j'ai tourné les pages assez facilement, curieuse de connaître le fin mot de l'histoire, j'ai eu du mal à accrocher au style de l'auteur. La psychologie des personnages n'est pas assez développée, et c'est quelque chose qui m'a beaucoup manqué. J'ai n'ai pas réussi à m'attacher aux protagonistes, mais aussi à comprendre leurs réactions. Les dialogues manquent parfois de consistance, rendant les échanges fades. L'intrigue est intéressante en soi, amenant beaucoup de rebondissements. Je reconnais que l'auteur a été très créatif sur ce coup-là ! Malheureusement au détriment de la construction des personnages qui ne sont que peu réalistes. 

Le cadre dans lequel on évolue en tant que lecteur est par contre très agréable. Une Bretagne sauvage, le côte de granit rose de Ploumanach (- bring me back there please), les plages désertes et l'océan à l'horizon. Un endroit que Christophe Ferré semble bien connaître, ce qui nous permet une immersion parfaite. 

Un voyage duquel je ressors donc mitigée, mais qui aura eu le bénéfice de me replonger dans des vacances d'été inoubliables.






jeudi 4 octobre 2018

Horrora Borealis

En plein cœur d'un festival de musique, des coups de feu retentissent. Une bataille éclate entre Walker et un homme qui l'a pris en chasse depuis le début de la soirée. Que lui veut-il ? Alors que l'on assiste à la scène, un nouveau chapitre s'ouvre sur un flashback. C'est la famille Walker, en route pour un petit séjour en Laponie. Tout semble se dérouler parfaitement. Pourtant, la mère fait un terrible cauchemar où tout finit dans un bain de sang... Rêve ou prémonition ?

Ce roman, c'est comme une grosse claque que tu ne sentirais pas arriver. Il commence assez doucement, le temps que tout se mette en place. Les flashbacks d'un côté, une scène d'action de l'autre. Quel lien entre les deux ? Le fait de jongler entre les deux temporalités m'a complètement captivé. Puis ça monte en tension et en horreur - oui, le roman porte bien son nom. Jusqu'au dénouement ultra brutal. Une construction impeccable, avec du suspens disséminé aux bons endroits. Une ambiance très bien dépeinte, où ce qui est tellement merveilleux devient le théâtre des pires atrocités. Un pari réussi pour ce roman qui se lit d'une traite. Âmes sensibles s'abstenir. Pour les autres, c'est un vrai régal. 


vendredi 28 septembre 2018

Baby Doll

S'enfuir n'était que le début ?

Une minute d'inattention permet à Lily Riser d'échapper au tortionnaire qui la retient prisonnière depuis huit années maintenant. Elle s'éloigne de cette cabane dans les bois, la main de sa fille Sky dans la sienne. Lily est enfin libre. Mais l'est-elle réellement ? Quand on sait que son ravisseur fera tout pour se venger et retrouver sa Baby Doll qu'il chérit tant... 

Impossible de ne pas faire le parallèle avec toutes les histoires qui ont réellement eu lieu - on pense à l'affaire Natascha Kampusch, la plus médiatique. Le bonheur de partager cette délivrance après toutes ces années de sévice - encore plus quand on est une lectrice sur ce point là. Un sentiment d'espoir au tout début du roman... vite en demie teinte. Tout a changé durant ces années volées, notamment son amour de jeunesse qui s'est alors tourné vers une autre - gloups, pas de bol ! L'histoire fonctionne complètement, j'ai eu beaucoup d'empathie envers Lily aux côtés de qui on traverse ces épreuves. On tremble également lorsque le manipulateur qui l'a enlevé va mettre en place un plan pour assouvir sa vengeance. Le seul petit bémol, c'est que je m'attendais à plus de péripéties sur ce plan là. Sans que ça tombe dans le trop-tiré-par-les-cheveux, quelques rebondissements supplémentaires n'auraient pas été de trop. J'avoue que ça m'a un peu manqué. Malgré tout, ça reste un thriller psychologique où l'émotion est au rendez-vous !

 

Un cri sous la glace

Il n'est jamais trop tard pour chroniquer sa lecture d'été - surtout lorsqu'elle a été aussi réjouissante.
Je me suis complètement laisser happée par ce thriller addictif que j'ai débuté sur un bateau voguant tranquillement vers l'île de beauté.


Une jeune femme est retrouvée décapitée. Sa tête, posée sur le sol, semble indiquer quelque chose d'important. Comment interpréter cette scène ? Surtout que la victime n'est toujours pas identifiée. Et que la personne chez qui elle a été retrouvée, Jesper, célèbre patron d'une grande entreprise,  a disparu. Peter, policier confirmé, et Hanne, profileuse, vont alors faire équipe pour élucider ce crime.

Un récit qui alterne entre trois points de vue, ce qui donne du rythme. Des chapitres courts et des éléments qui font avancer l'intrigue à pas de loup. Clairement quelque chose que j'ai apprécié. Les retrouvailles de Peter et Hanne sont croustillantes - deux anciens amants réunis autour d'un crime je dis OUI. Permettre aux lecteurs d'avoir accès à chacune de leurs pensées est top. Quant à cette mystérieuse Emma, on a envie de savoir en quoi elle est mêlée à toute cette histoire. Est-ce la victime ? A qui faire confiance dans toute cette histoire ? Mais, ENFIN, qui nous dit la vérité ?? On se prête au jeu volontiers ici ! Une nouvelle autrice suédoise - Les Camilla en force ! - à ajouter à ma liste d'auteurs à suivre.



mardi 26 juin 2018

La Terre des morts

On m'avait dit que Grangé, c'était du trash et de l'ultra violence. J'avais envie de repousser mes limites, et de tenter la lecture d'un incontournable du genre. Surtout qu'il en faut quand même beaucoup pour me dissuader sous ce motif là. C'est parti pour une folle virée en enfer !

Plusieurs corps de strip-teaseuses sont retrouvés, ligotés façon shibari, l'art du bondage japonais. Même processus opérationnel qui mène Corso sur la piste de quelqu'un qu'il connaît bien, un dénommé Philippe Sobieski. Celui-ci a un passé de criminel et correspond parfaitement au profil du serial killeur recherché. Ce dernier paraît pourtant bien confiant. Corso se serait-il trompé ? La joute entre les deux s'annonce alors des plus terribles...

Personnellement, j'adore les romans dans lesquels je m'attache de suite à la personne qui va enquêter. Corso, c'est le genre de gars brisé par la vie, qui tente de concilier sa vie perso qui part en vrille avec sa vie professionnelle. Un mélange de combattivité et de mélancolie. C'est un homme fort, mais qui a aussi sa part de vulnérabilité. Un réel plaisir d'évoluer à-travers les pages à ses côtés. On lui fait confiance, ce qui dans l'intrigue va nous dérouter plusieurs fois. Est-ce qu'il a raison ou est-ce qu'il se trompe ? Ce face à face Sobieski/Corso est éprouvant pour les nerfs, puisqu'on ne sait qu'à la toute fin qui détient la vérité ! Un adversaire de taille, pervers, calculateur et manipulateur. Un diable sur terre. Le dénouement est un chouia alambiqué, mais ça fait partie du jeu pour pouvoir créer une surprise digne de ce nom. Un excellent roman, que je recommande vivement à tous les amateurs du genre. Descente en enfer validée !