jeudi 4 octobre 2018

Horrora Borealis

En plein cœur d'un festival de musique, des coups de feu retentissent. Une bataille éclate entre Walker et un homme qui l'a pris en chasse depuis le début de la soirée. Que lui veut-il ? Alors que l'on assiste à la scène, un nouveau chapitre s'ouvre sur un flashback. C'est la famille Walker, en route pour un petit séjour en Laponie. Tout semble se dérouler parfaitement. Pourtant, la mère fait un terrible cauchemar où tout finit dans un bain de sang... Rêve ou prémonition ?

Ce roman, c'est comme une grosse claque que tu ne sentirais pas arriver. Il commence assez doucement, le temps que tout se mette en place. Les flashbacks d'un côté, une scène d'action de l'autre. Quel lien entre les deux ? Le fait de jongler entre les deux temporalités m'a complètement captivé. Puis ça monte en tension et en horreur - oui, le roman porte bien son nom. Jusqu'au dénouement ultra brutal. Une construction impeccable, avec du suspens disséminé aux bons endroits. Une ambiance très bien dépeinte, où ce qui est tellement merveilleux devient le théâtre des pires atrocités. Un pari réussi pour ce roman qui se lit d'une traite. Âmes sensibles s'abstenir. Pour les autres, c'est un vrai régal. 


vendredi 28 septembre 2018

Baby Doll

S'enfuir n'était que le début ?

Une minute d'inattention permet à Lily Riser d'échapper au tortionnaire qui la retient prisonnière depuis huit années maintenant. Elle s'éloigne de cette cabane dans les bois, la main de sa fille Sky dans la sienne. Lily est enfin libre. Mais l'est-elle réellement ? Quand on sait que son ravisseur fera tout pour se venger et retrouver sa Baby Doll qu'il chérit tant... 

Impossible de ne pas faire le parallèle avec toutes les histoires qui ont réellement eu lieu - on pense à l'affaire Natascha Kampusch, la plus médiatique. Le bonheur de partager cette délivrance après toutes ces années de sévice - encore plus quand on est une lectrice sur ce point là. Un sentiment d'espoir au tout début du roman... vite en demie teinte. Tout a changé durant ces années volées, notamment son amour de jeunesse qui s'est alors tourné vers une autre - gloups, pas de bol ! L'histoire fonctionne complètement, j'ai eu beaucoup d'empathie envers Lily aux côtés de qui on traverse ces épreuves. On tremble également lorsque le manipulateur qui l'a enlevé va mettre en place un plan pour assouvir sa vengeance. Le seul petit bémol, c'est que je m'attendais à plus de péripéties sur ce plan là. Sans que ça tombe dans le trop-tiré-par-les-cheveux, quelques rebondissements supplémentaires n'auraient pas été de trop. J'avoue que ça m'a un peu manqué. Malgré tout, ça reste un thriller psychologique où l'émotion est au rendez-vous !

 

Un cri sous la glace

Il n'est jamais trop tard pour chroniquer sa lecture d'été - surtout lorsqu'elle a été aussi réjouissante.
Je me suis complètement laisser happée par ce thriller addictif que j'ai débuté sur un bateau voguant tranquillement vers l'île de beauté.


Une jeune femme est retrouvée décapitée. Sa tête, posée sur le sol, semble indiquer quelque chose d'important. Comment interpréter cette scène ? Surtout que la victime n'est toujours pas identifiée. Et que la personne chez qui elle a été retrouvée, Jesper, célèbre patron d'une grande entreprise,  a disparu. Peter, policier confirmé, et Hanne, profileuse, vont alors faire équipe pour élucider ce crime.

Un récit qui alterne entre trois points de vue, ce qui donne du rythme. Des chapitres courts et des éléments qui font avancer l'intrigue à pas de loup. Clairement quelque chose que j'ai apprécié. Les retrouvailles de Peter et Hanne sont croustillantes - deux anciens amants réunis autour d'un crime je dis OUI. Permettre aux lecteurs d'avoir accès à chacune de leurs pensées est top. Quant à cette mystérieuse Emma, on a envie de savoir en quoi elle est mêlée à toute cette histoire. Est-ce la victime ? A qui faire confiance dans toute cette histoire ? Mais, ENFIN, qui nous dit la vérité ?? On se prête au jeu volontiers ici ! Une nouvelle autrice suédoise - Les Camilla en force ! - à ajouter à ma liste d'auteurs à suivre.



mardi 26 juin 2018

La Terre des morts

On m'avait dit que Grangé, c'était du trash et de l'ultra violence. J'avais envie de repousser mes limites, et de tenter la lecture d'un incontournable du genre. Surtout qu'il en faut quand même beaucoup pour me dissuader sous ce motif là. C'est parti pour une folle virée en enfer !

Plusieurs corps de strip-teaseuses sont retrouvés, ligotés façon shibari, l'art du bondage japonais. Même processus opérationnel qui mène Corso sur la piste de quelqu'un qu'il connaît bien, un dénommé Philippe Sobieski. Celui-ci a un passé de criminel et correspond parfaitement au profil du serial killeur recherché. Ce dernier paraît pourtant bien confiant. Corso se serait-il trompé ? La joute entre les deux s'annonce alors des plus terribles...

Personnellement, j'adore les romans dans lesquels je m'attache de suite à la personne qui va enquêter. Corso, c'est le genre de gars brisé par la vie, qui tente de concilier sa vie perso qui part en vrille avec sa vie professionnelle. Un mélange de combattivité et de mélancolie. C'est un homme fort, mais qui a aussi sa part de vulnérabilité. Un réel plaisir d'évoluer à-travers les pages à ses côtés. On lui fait confiance, ce qui dans l'intrigue va nous dérouter plusieurs fois. Est-ce qu'il a raison ou est-ce qu'il se trompe ? Ce face à face Sobieski/Corso est éprouvant pour les nerfs, puisqu'on ne sait qu'à la toute fin qui détient la vérité ! Un adversaire de taille, pervers, calculateur et manipulateur. Un diable sur terre. Le dénouement est un chouia alambiqué, mais ça fait partie du jeu pour pouvoir créer une surprise digne de ce nom. Un excellent roman, que je recommande vivement à tous les amateurs du genre. Descente en enfer validée !


vendredi 11 mai 2018

Soeurs

Le titre de ce roman est la première chose qui m'a interpelé, ayant une petite sœur dont je suis proche. Bon, il s'agit ici de leur double assassinat - ahum. Malgré tout, et toujours dans l'idée de découvrir les auteurs policiers incontournables, j'entrais dans cette "immense, énorme" forêt que l'on aperçoit sur la couverture...

La scène d'ouverture nous présente Alice et Ambre, deux sœurs qui se ressemblent énormément, jusque dans leurs goûts puisqu'elles sont toutes les deux ultra fans de l'auteur Erik Lang. Celui-ci leur a d'ailleurs donné un rendez-vous très spécial en plein cœur de la nuit dans une forêt déserte et relativement effrayante. A l'adolescence, on aime se faire peur, et elles ne sont en rien dérangées par cette soirée digne d'un film d'horreur.
Quelques années s'écoulent, elles sont devenues étudiantes. Une nouvelle fois, on les retrouve dans cette forêt, mais cette fois-ci assassinées... Comme si cela ne suffisait pas, la mise en scène est glaçante et semble reprendre le passage central d'un des livres d'Erik Lang.
Comme une évidence, l'auteur se retrouve mêlé à l'affaire. Le coupable idéal ?

La force de ce roman, c'est définitivement le dynamisme apporté par les bonds dans le temps. Trois années différentes où l'on voit évoluer les personnages - et notamment Martin Servaz qui n'est alors qu'un jeunot au début de l'enquête. Ces trois phases brouillent clairement les pistes au premier abord, et j'ai adoré être déroutée. Une enquête que l'on croyait bouclée, mais qui finalement ne l'était pas. L'auteur m'en a fait voir avec ces retournements de situation qui faussaient tous les scénarios que j'avais en tête - grrrr. Jusqu'au dernier moment, je ne voyais pas du tout où j'allais. J'ai été véritablement bluffée par la résolution de l'histoire. Aucun regret d'avoir ouvert ce roman, c'est une vraie bombe.
N'ayant pas lu les précédents tomes, j'avais peur d'être perdue dans l'histoire personnelle de Servaz. Tout est bien repris. Pour ceux qui sont dans mon cas, vous pouvez vous lancer sans problèmes. Par contre il faut être prévenu, après avoir terminé celui-ci, on a envie de tous les lire depuis le début...!


La vérité sur l'affaire Harry Quebert

Depuis le temps qu'on me le conseille ce roman, il aura fallu qu'une de mes collègues me le prête et insiste pour que je me lance dans la quête de cette vérité. Est-ce que je savais que ce roman allait devenir un énorme coup de cœur ? Toutes mes espérances étaient bien en-dessous de la réalité.

Marcus, écrivain à succès, fait face a un problème de taille, celui de la page blanche. Alors que sa maison d'édition lui demande la livraison express de son nouveau roman, il est incapable d'écrire une ligne. Marcus décide d'aller puiser à la source, et de retourner voir son mentor, Harry Quebert. Ce dernier est son ancien professeur de littérature, celui qui lui a donné le goût d'écrire et qui l'a guidé lors de ses premiers pas. 
Alors que Marcus et Harry sont de nouveau réunis, le scandale éclate. Nolla Kellergan, disparue en 1965 est retrouvée. Ou plus exactement, c'est son corps enterré sur la propriété d'Harry Quebert qui est retrouvé. Ce dernier est effondré par la nouvelle, surtout lorsqu'il avoue avoir entretenu une liaison secrète avec elle... 
Marcus, convaincu de son innocence, fera alors tout pour disculper son maître à penser. 
Est-il certain de défendre un innocent ? Que va-t'il découvrir de glauque sur les habitants du village à travers cette enquête ?

Je crois que la scène de rencontre entre Marcus et Harry Quebert dans l'amphithéâtre restera gravée. Un moment suspendu dans le temps ou j'ai ri. Je l'ai lue plusieurs fois et à haute voix pour mon compagnon présent à mes côtés. L'envie de partager mon enthousiasme. Le style de Joël Dicker est percutant. Ses mots sont choisis avec finesse, et les scènes dépeintes procurent de suite l'émotion escomptée. Toute la palette est présente. Du frisson lors de certains flashbacks avec Nola, de la mélancolie avec ce Harry brisé par la vie, du rire aussi. Les nombreux rebondissements dans l'affaire maintiennent un suspens permanent, on tourne les pages avec frénésie. Même lorsqu'on envisage divers scénarios, ces derniers tombent à l'eau. Quoi de mieux dans un roman que de se tromper ?
Le bonheur de découvrir un auteur que je ne manquerai pas de suivre.

Hâte de regarder la série dirigée par Jean-Jacques Annaud qui devrait sortir à l'automne prochain !

 

vendredi 13 avril 2018

La Fille d'Avant

Roman découvert grâce à sa sortie en poche il y a quelques semaines, le pitch était plutôt attrayant. En lisant la quatrième de couverture, j'étais loin de m'imaginer que ce livre allait être totalement addictif

Deux portraits croisés. L'une au présent, Jane. L'autre au passé, Emma. Ces deux femmes ont toutes deux vécu dans la même maison d'architecte. Pour vivre dans celle-ci, il faut passer des tests et respecter une très longue liste de règles à la lettre. Alors que Jane vient tout juste d'emménager, elle découvre qu'Emma a été victime d'un accident mortel dans les escaliers de cette maison qui semble regorger de mystères et de choses inexpliquées... Jane est-elle également en danger ?

Ce roman a le mérite de tenir en haleine du début à la fin. Il est impossible à lâcher. L'alternance entre le récit d'Emma et celui de Jane, leurs similitudes mises côte à côté, est un ingrédient à cette recette addictive. JP Delaney entretient le mystère sur tout. Que ce soit la maison elle-même qui, malgré son aspect aseptisé, "tue". Ou encore l'architecte psychorigide et manipulateur au passé trouble. 

Ce dernier a une emprise très forte sur les deux narratrices qu'il tente de façonner selon sa vision de la perfection . Le parallèle entre les deux est assez original, puisqu'il applique les mêmes règles pour ses maisons. Est-il destructeur ou moteur ? Au-delà de l'intrigue policière, le récit pose comme ça de nombreuses questions, et semble faire un brin de philosophie

Même si ce n'est pas vraiment le propos, ni le cœur du roman, j'ai aimé le croisement des deux. Je suis toujours sensible à un récit qui m'amène à m'interroger. Lecture agréable, malgré des héroïnes parfois mises à mal et que j'aurais aimé plus combattives. Malgré tout, on embarque avec un certain plaisir coupable dans cette intrigue malsaine, et il semble difficile de s'arrêter avant la fin !